" Jamais on n'a raison contre son seigneur ni contre un enfant qui pleure "  -  Sagesse japonaise
Un voyage dans le temps... : les Samouraïs
 
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Les Samouraïs dans l'Histoire
 
  o  L'émergence et la montée en puissance de la classe des guerriers
o  L'ascension des hommes de guerre, avec la mise en place du shogunat
o  La montée en puissance des "shugo-daimyo", puis des daimyo de province, et les guerres féodales
o  La réunification du pays
o  L'évolution de la classe des guerriers et la mise en place du bushido
o  La fin du shogunat et de la classe des samouraïs
 

L'émergence et la montée en puissance de la classe des guerriers

C'est au cours de la période de Heian (794-1185) que les samouraïs (ou bushis) se font connaître et qu'ils commencent à jouer un rôle important.

Guerriers professionnels dont l'origine reste controversée (viennent-ils du Kanto ou de Heian, actuelle Kyoto ?), les samouraïs font d'abord partie des armées privées de riches propriétaires terriens de province, puis sont recrutés par le gouvernement impérial pour mater les nombreuses rébellions de l'époque, dont celles des "barbares" emishi dans le nord de Honshu. 

Par la suite, les familles de samouraïs les plus influentes sont appelées à la cour, à Heian, pour assurer la sécurité des propriétés de l'empereur et de l'aristocratie.
 

 
         
 

Bushis ou Samouraïs ?

Certains auteurs réservent le terme de "samouraïs" pour désigner les fonctionnaires apparus à l'époque d'Edo (XVIIè. siècle), qui, vêtus d'un kimono et non d'une armure mais armés de sabres comme leurs prédécesseurs, étaient chargés d'assurer le maintien de l'ordre dans le pays.

Pour ces auteurs, les hommes en armure formant la classe des guerriers avant l'époque d'Edo ne sont pas dénommés samouraïs mais bushis.

   
         
 
     
 

Au XIIè. siècle, les deux principaux clans de samouraïs sont, d'une part, les Heishi ou Heike, dont les membres sont connus sous le nom de famille Taira et qui descendent de l'empereur Kamnu, d'autre part, les Genji, dont les membres se nomment Minamoto et qui descendent de l'empereur Seiwa. Le fief des Taira est le Kanto, celui des Minamoto est Osaka. (voir la carte)

A la cour, ces deux clans deviennent les principaux rivaux de la famille aristocratique détentrice du pouvoir depuis trois siècles, les Fujiwara, que les Minamoto finissent par éliminer.

C'est alors que les Taira et les Minamoto, qui ont d'abord combattu ensemble menés par Taira Kiyomori et Minamoto Yoshitomo, deviennent ennemis et se déclarent la guerre (les deux clans se sont déjà opposés dans le passé, au début et au milieu du siècle).

Cette guerre, dite guerre Genpei, se solde en 1185 par la défaite totale des Taira, dont Minamoto Yoshitsune (fils de Minamoto Yoshitomo et frère du futur shogun Minamoto Yoritomo) écrase la flotte à Dan-no-Ura près de Shimonoseki.

L'ascension des hommes de guerre, avec la mise en place du shogunat

Après l'élimination de la famille aristocratique des Fugiwara, la classe des guerriers, avec à leur tête le clan Minamoto (qui a écarté le clan des Taira), s'empare du pouvoir, et instaure une dictature militaire, le shogunat, qui va durer 1192 à 1867, couvrant les périodes dites de Kamakura (1185-1333), de Muromachi (1333-1582), de Momoyama (1582-1603) et d'Edo (Tokugawa) (1603-1868), du nom des capitales des gouvernements militaires. 

 
 
 

Une nouvelle ère s'ouvre donc au Japon, avec la coexistence de deux pouvoirs au niveau central : le pouvoir impérial du "tenno" et de sa cour (qui a peu d'influence), et le pouvoir militaire du shogun et de son bakufu, qui contrôle le pays.

 
 
     
 

C'est ainsi que vont se succéder à la tête du pays, pendant près de 700 ans, les grandes familles de samouraïs Minamoto (avec Minamoto Yoritomo), Hojo (avec Hojo Tokimasa et ses descendants), Ashikaga (avec Ashikaga Takauji et ses descendants), Oda (avec Oda Nobunaga), Toyotomi (avec Toyotomi Hideyoshi) et Tokugawa (avec Tokugawa Ieyasu et ses descendants).

Dans ce nouveau Japon féodal, l'administration des provinces se fait par l'intermédiaire de deux corps de fonctionnaires, les "shugo" (affaires policières et militaires) et les "jito" (gestion économique et fiscale), qui vont remplacer peu à peu les fonctionnaires impériaux.

Le shogun s'octroie le privilège d'accorder des terres aux samouraïs, ou de confirmer leur droit de propriété sur celles qu'ils ont gagnées ou reçues en héritage.
Les liens entre seigneurs et vassaux sont étroits et personnalisés, proches du lien filial, et les samouraïs qui détiennent des terres et sont des vassaux directs du bakufu sont appelés "gokenin".
 

 
 

Estampes japonaises
Collection Bruno Deshayes

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A noter qu'en 1232, le bakufu promulgue un nouveau code légal, "goseiba shikimoku" ou "Formulaire de Joei", qui influencera par la suite le code des samouraïs (ou bushido) de l'époque d'Edo, au XVIIè siècle. 

La montée en puissance des "shugo-daimyo", puis des daimyo de province, et les guerres féodales

Au milieu du XVè siècle, pendant la période de Muromachi (du nom d'un faubourg de Kyoto), alors que les shoguns Ashikaga se succèdent, le véritable pouvoir est détenu par les "shugo" de province les plus influents, appelés "shugo-daimyo", qui contrôlent le bakufu.

C'est alors qu'une guerre de succession, dite guerre d'Onin (1467-1477), éclate au sein du clan Ashigaka, dont les membres sont soutenus, les uns par le clan Yamana, les autres par le clan Hosokawa. Au terme du conflit, l'autorité du shogun se trouve encore plus affaiblie, mais surtout, cette guerre est le déclencheur d'un chaos général qui va marquer l'histoire du pays pendant plus d'un siècle ("Sengoku jidai" ou "époque des pays en guerre"). 

Ce chaos général se traduit par des révoltes sociales, ainsi que des guerres féodales entre daimyo, au cours desquelles "les faibles détrônent les puissants".

Quelle que soit leur origine (anciens "shugo", samouraïs ayant accédé au rang de daimyo, anciens subordonnés ayant renversé le seigneur local), les seigneurs de province qui ont conservé leur pouvoir et leurs terres durant toute cette période de troubles sont désormais appelés daimyo, et luttent pour étendre leurs territoires, en s'attachant de véritables vassaux (et non plus des "jito") qui prêtent serment et se voient attribuer des fiefs.

C'est aussi à cette époque qu'apparaissent les ashigaru, fantassins de base recrutés parmi les paysans sans terre, les citadins sans emploi et autres sans-abri.

La réunification du pays

Le choas général perdure jusqu'à ce qu'Oda Nobunaga lance, au milieu du XVIè siècle, une campagne de réunification du pays (voir les détails dans l'histoire du Japon ancien, "période de Muromachi" / "campagne de réunification").

Au terme d'une série de batailles, il met fin au bakufu des Ashikaga et écrase son principal rival, le clan Takeda, lors de la bataille de Nagashino en 1575.
 

 
 

Estampes japonaises
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Après son assassinat en 1582, son oeuvre est poursuivie par Toyotomi Hideyoshi, un de ses fidèles et puissants vassaux, qui parvient à réunifier complètement le Japon en 1590, avant de prendre la tête du pays, non pas en tant que shogun, en raison de son origine socilae, mais en tant que régent.

Son règne (période de Momoyama, du nom du château de Fushimi sur la colline de Momoyama à Kyoto) est marqué par l'unification économique et administrative du pays et la suppression de la possibilité de changer de classe sociale.

A la mort de Hideyoshi, une guerre de succession éclate entre les partisans de son héritier, fils de sa concubine, et ceux de sa veuve. Tokugawa Ieyasu, ancien vassal d'Oda Nobunaga, va en profiter pour retourner la situation à son avantage et prendre le pouvoir après avoir défait les pro-Toyotomi, menés par Ishida Mitsunari, lors de la bataille de Sekigahara en 1600.

Ieyasu est nommé shogun (période d'Edo, future Tokyo, où il installe son bakufu), mais il doit à nouveau faire face à la famille Toyotomi, qu'il finit par l'exterminer avec son armée à l'issue de la campagne d'Osaka en 1615.

L'évolution de la classe des guerriers et la mise en place du bushido

Le régime des Tokugawa est marqué, d'une part, par la lutte contre le christianisme et la restriction du commerce extérieur, d'autre part, par l'évolution du rôle et du statut des samouraïs, qui deviennent des fonctionnaires, et la mise en place du bushido.  

En effet, au lendemain des batailles de Sekigahara et d'Osaka, une paix durable s'installe dans le pays. Or, avec la fin des guerres féodales, la fonction des guerriers et l'existence même de leur caste se trouvent complètement remises en question. 

Les samouraïs vont néanmoins trouver leur place dans le nouveau système, car ils vont être chargés d'assurer le maintien de l'ordre - une fonction qui fait d'eux des fonctionnaires, dès lors qu'ils se voient attribuer, non plus des terres comme c'était le cas jusqu'alors, mais une pension régulière. 

Leur tenue vestimentaire évoluant de pair, ces "nouveaux" samouraïs vont désormais porter, non plus l'armure, mais le kimono, tout en restant armés de sabres comme leurs prédécesseurs (un sabre long ou katana et un sabre court ou wakasashi, l'ensemble formant le daisho).
 

 
 
         
 

Le bushido et la voie du Zen

C'est à cette époque que se développe le bushido, le code moral des samouraïs, qui se fonde sur un idéal de bonne conduite et des vertus universelles - telles que la loyauté, l'honneur, la sincérité, le respect de la parole donnée, la bravoure et le stoïcisme face au danger - et qui va donner à la caste des samouraïs une nouvelle identité doublée d'une dimension philosophique et spirituelle. 

Adeptes de la voie du Zen - la Secte Zen est apparue au cours de la période de Kamakura - les samouraïs s'exercent également à l'art de la calligraphie et pratiquent le rituel de la cérémonie du thé.
   
         
 
     

A noter que parallèlement à la question de la place des guerriers dans le nouveau système, se pose, pour le régime des Tokugawa, le problème du contrôle des daimyo, et notamment celui des anciens partisans des Toyotomi ayant survécu aux campagnes menées contre eux. 

Afin de s'assurer leur loyauté, le bakufu les contraint rapidement à laisser des membres de leur famille en "otages" à Edo, et leur impose d'y venir eux-mêmes tous les deux ans. Cela étant, chaque daimyo gère son fief (son han) de façon autonome, avec l'aide des samouraïs, désormais fonctionnaires.

La fin du shogunat et de la classe des samouraïs

Après la réouverture du pays aux étrangers au milieu du XIXè siècle, le bakufu des Tokugawa finit par tomber, vaincu, en 1868, par les troupes de l'empereur Meiji, qui impose son autorité à tout le pays, mettant fin à la dictature militaire.

Quelques daimyo résistent encore un temps, repliés dans le fief du clan Aizu (région de Tohoku), mais ils sont vaincus à leur tour, et nombre de samouraïs se réfugient sur Hokkaïdo.

Par la suite, alors que le système des han est aboli par le nouveau gouvernement de l'empereur Meiji, qui place le pays sous son autorité directe, d'autres rebellions conduites par des samouraïs éclatent. La dernière en date, menée par Saigo Takamori en 1877, est réprimée comme les autres. 

 
 
Sources bibliographiques :
- "Les Samouraïs, histoire illustrée" de Mitsuo Kure, éditions Philippe Picquier ;
- "L'Histoire du Monde : le Moyen Âge", éditions Larousse ;
- "Le Japon éternel" de Nelly Delay, éditions Découvertes Gallimard ;
- Quelques sites Internet sur le Japon ancien.
 
     
 
Les Samouraïs dans la Littérature
 
     
 

La littérature romanesque

Les ouvrages historiques

(A venir)

 
     
     
 
     
 
Les Samouraïs dans le cinéma